la nuit je m’en baltique

  je ne me presse pas. et pourquoi donc je me presserai ? je chante les louanges. de qui ça je ne sais pas – du vide du néant, du temps cadenassé je chante les louanges
  ou, pour le dire autrement, je mastique un ver de terre

  chiantes, sont les ombres qui s’empilent, s’étendent, se répandent à découvert
  ma marelle a butté sur une pierre
  non, pas une pierre – à peine un caillou, le pépin d’une diarrhée
  donc l’ombre se faufile, roule des hanches, fait corps à mon absence. on croirait que c’est elle qui crie, quand elle dit qu’on croirait que c’est moi qui jouit

  je vais bien. je t’assure que je vais bien. ne pas morfler ne ma laisse aucun espoir
  coucher de neige ouverte. il faut dire que je me parle de moins en moins, je m’encombre peu de moi
  il y a un toboggan par là-bas, juste au-dessous de la neige. le toboggan reste vide, juste au-dessous de la neige

  tout ce qui n’est pas essentiel souille l’air, pollue le temps
  soit dit en passant il semble étrange l’essentiel, qui touche à peine le sol, tout juste frôle le ciel. en bref l’intériorité d’un nuage
  en long et en nuage
  ou la vapeur d’une introspection manquée, d’une intimité nique la digue

  tu marches à quatre pattes. deux sur les mains deux sur les g’noux. tu te traînes sur un pauvre miroir – y a des fois où l’on surgit comme ça, de soi
  une courge a fini dans mon ventre. puis un carrosse. le talon d’un soulier m’a défoncé l’estomac
  et la poussière enfin. toute la poussière. rien que la poussière.

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