traduire quoi, d’où, en quelle langue ?
tant de vulgarité à prétendre modifier un destin, déplacer un caillou, dire bonjour à la dame
quelque part un homme travaille, et c’est précisément sur lui que la foudre s’abat
tout cela au son clinquant d’une poignée de clous, doux jésus
ne me parle pas. garde seulement ta main ouverte pour moi
ou plutôt : garde ta main ouverte, et pour moi seul
c’est marcher en funambule sur un fil large comme la terre, fondamentale, et tranchant comme l’horizon
l’équilibre n’étant pas vraiment mon truc, cahin-caha ou trébuchant, non, définitivement, l’infini est trop fin, comment dire, si frêle…
: je rebrousse destin
manger des papillons. faudrait manger des papillons, carrément se goinfrer de papillons
à la tombée du jour, du soir ou de la nuit, bref je sais pas comment dire, je deviens vert bouteille
là cessent les correspondances. radicalement.
manque de masque
alors je me fous des baffes, pour compenser
les rougeurs feront illusion, pour un moment du moins, quelques secondes
après quoi on verra, on verra quoi on verra rien, refaire surface
un match de foot sans les joueurs, sans ballon, sans les buts
par contre repoussent les pissenlits
je demeure fidèle à mon oubli. vraiment, j’y tiens
à part ça faire l’antenne parabolique ça va bien un temps, voire une vie, mais pas plus
surtout que je ne capte pas
surtout que je ne capte rien
que des sourires indus, quelques sourires indus, très vite ravalés

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