la mort en bouteille, le soleil en veilleuse

  qu’est-ce que tu bouines, je bouines rien : je chante, je chante à l’oreille d’un mort

  s’attendre à quelque chose, on se serait peut-être attendu à quelque chose. or plein était le vide, tandis que vide était le plein

  j’ai frotté des lilas sur le pourtour de mes lèvres, enfoncé des lilas tout au fond de ma gueule – que s’est-il donc passé ? quel rendez-vous ai-je encore manqué ?

  tes lèvres balbutient mes lèvres. je ne parle même pas des langues. les langues demeurent toutes étrangères

  quand on t’incruste un œil, fut-ce dans le front, c’est tout le paysage qu’on te dérobe. un vide au fond du crâne, lumineuse absence d’être

  tu brûles, tu brûles de plus en plus, et pourtant l’objet tant à trouver
  n’existe toujours pas

  il n’y a plus d’eau dans le port – on dirait la marée définitivement basse. je revends ces vieilles maisons à des fantômes surendettés

  ton chien ta puce océane, ton chien ta puce océane, mais quand même pas tous les jours. parce qu’il y a des jours-sans, sans le chien sans la puce océane. sont-ce encore des jours vraiment ?

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