c’est ce qu’on dit aux hommes. c’est ce qu’on dit aux hommes quand ils se couchent. c’est ce qu’on dit aux hommes quand ils se tournent sur le côté ou
qu’ils ne peuvent pas dormir. qu’ils ne pourront pas dormir jusqu’à ce qu’ils meurent. ou qu’ils rêvent
il ne pleut plus sur moi. où que j’aille il ne pleut plus sur moi. condamné au pain sec
un jour un tatami
je n’ai pas encore trouvé le lieu où mourir, le lieu de la confiance
le lieu du temps dénoué
je me suis arrêté au bar le bar était fermé, on peut le dire ainsi aussi
les lignes tremblent
je crois naturelle l’éternité, comme les feuilles ou le vent, ou encore la voix humaine
le néant comme un cancer universel, j’ai réalisé ma propre biopsie
j’étais à la fois le christ, le garde romain et le gitan qui apporte les clous
on s’appelle par la mer, c’est loin
aussi loin exactement que soi de soi. on s’appelle au ras du flot
je creuse avec les doigts – je vais m’en foutre partout – je creuse avec tout ce qui me reste
de doigts, ou s’il ne reste de moi que doigts
à quel vide se pendre, à la corde d’un soupir continu
je m’accroche à un rosier s’effondre le rosier, à un poil de chatte glisse le poil
je m’accroche à une image le miroir ferme les yeux. la traversée du néant n’est pas de tout repos
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