oh les hommes, les femmes de courte durée

  il ne pleure jamais comme il faut. un peu trop à droite, un peu trop à gauche, il ne pleure jamais quand il faut. seulement quand il a fini de souffrir

  je ne me rappelle rien. je sais seulement qu’il a fait jour, un jour. que les dents ne faisaient que tomber, dont les trous prendraient la place. dont les trous formeraient la substance

  quand elle bave c’est sur toi qu’elle bave alors ne te plains pas, tant qu’elle bave et c’est sur toi. le reste du temps retourne-toi, dans l’autre sens ou dans ton sang retourne-toi

quand fond la neige, fondent les bonhommes. ta mère elle a tout cassé. ton père il a tout cassé. tout le monde il a tout cassé. va falloir passer outre. passer d’abord. outre par surcroît

  se noyer dans l’absence d’eau, l’absence de mer, la marre à sec. se maintenir longtemps comme ça, sous l’absence d’eau, la pierre au ventre. se disant que l’éternité ne fait que commencer

  s’il y a un homme c’est qu’il y a déjà quelque chose qui traîne derrière lui. je montrais tellement à montrer que j’ n’existais pas, ériger un monument à toute inexistence

 

oh les hommes, les femmes de courte durée

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