les tombes ne refleurissent pas
les gens ne sourient pas
on se gratte les mollets quand les orties nous piquent
si seulement on pouvait être mort sans avoir à mourir…
un jour, je n’étais pas comme ça
un jour, c’était la glace qui se regardait en moi
à partir d’une panne de moteur se déploie une paire d’ailes
– qui donc a tué le paon ?
je ne me sens pas très bien, là comme ça, tout verrouillé
les oreilles recroquevillées
il y a un mot tout au fond, disons très très au fond, un mot sans voix
inépelé
quelquefois j’ai peur d’un mort – jamais un mort n’a peur de moi.
du mort en moi.
j’achète tes dents, je me brosse tes dents, je me dis qu’on ramassera tout ça à la pelle, une fois la fête finie, l’amour en braille
tu vas à la radicale
tu dis non, non et non, non à tout et non à non, jusqu’au bout du non où dieu sans un slip
j’ai failli pleurer, de quoi de rien je ne sais pas, j’ai bien failli pleurer, là juste au bord de moi
tu me caresses la joue et tu ne caresses qu’une surface de plastique dur
il n’y a pas d’animaux en moi, j’ai tué tous les animaux en moi
puis je me suis tourné vers toi et j’ai tué tous les animaux en toi
tous les animaux sont morts, ou bien ont fui

Laisser un commentaire