une âme au prix d’un RSA

  les piafs sont de branle
  les hommes sont de branle, eux aussi
  les femmes évidemment sont de branle
  les uns portent malheur, les autres un peu moins
  et penser dans tout ça que dieu n’a plus qu’une longueur d’avance…

  je ne suis pas l’ancêtre de ma maison – j’attends mon tour c’est tout
  un chien se souviendra de moi, un chien, dont la mémoire
  ne se distingue pas de celle de dieu

  n’avoir rien devant soi revient à ne pas avoir de barreaux devant soi
  à enlacer. il y a longtemps que mourir ne sert à rien, et pourtant nous continuons de mourir
  comme si de rien n’était
  ou pour passer le temps

  vivre est un ami à moi,il a perdu quelques dents
  il pense à la hongrie, ou à la bulgarie, à tous ces pays enfin
  auxquels on ne pense que quand on perd ses dents
  chacun crie vive la mort, sans le penser vraiment…

  j’ai remarqué que la nuit tardait à tomber,
  que le jour se rallongeait au nord suggérant je ne sais quoi, aux couleurs pastel
  bien que la mort reste au fond la seule chose qui puisse nous arriver, nous ne lâcherons rien

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