les humains détiennent des bâtons de toutes les couleurs, c’est pourquoi le mien est marron, résultat quelque peu décevant d’un mélange inconsidéré des couleurs
c’est également pourquoi le bois, et le bâton en bois, devant mener je ne sais qui de je ne sais où à je ne sais quand, mais là je prends mon bâton
plus pèlerin qu’un homme le vent vocifère dans la tête d’un homme et ressort par la bouche, mais là j’empoigne mon bâton
j’ai beau avoir été ma vie durant un lecteur assidu de l’almanach, j’avoue maintenant n’y avoir rien compris, et n’y entendre rien
je reconnais simplement cette équation, et j’entretiens cette aporie :
que se disent donc et que réfléchissent l’un de l’autre deux miroirs se faisant rigoureusement face,
sans voix, par conséquent sans objet – telle me paraît l’image de l’amour parfait, image d’un homme que la nature abandonne
et quand la nuit prend feu un phare se chie dessus – c’est même ainsi que tout commence et ainsi que tout finit, entre les deux mon cœur balance
la mémoire comme antidote au temps, va falloir trouver mieux. la pluie pour se protéger des parapluies, ça n’a pas marché non plus
en fait on n’ose plus rien, et plus rien ne nous colle. on rapproche nos bouches, ravalant nos salives…
la pluie d’un côté, la pluie de l’autre – entre les deux je meurs heureux
on habite plus chez soi, on habite où un homme nous invite, un homme ou une femme, avec un peu de chance
une mouche en pleine vitre
je parle de mouche évidemment puisque c’est la saison des mouches et que la mouche s’est révélée la
meilleure amie de l’homme, la plus fidèle inessentielle,
son alibi à être malgré de n’être rien, ou l’allégresse de sa pure insignifiance
très pure et très insignifiance
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