derrière la vie les grandes marées

  les gens sont gentils, ils font gaffe
  il font schlaf quand on les écrase en leur marchant dessus
  parce qu’on ne regarde pas où on met les pieds quand on marche, absorbés que l’on est à marcher droit devant soi tout en préservant
  un semblant d’équilibre

  quelqu’un souffle dans mes oreilles, le contraire m’eut étonné
  mon pays de terre cuite, mon pays de pâte molle
  tu nais tu prends l’bâton tu cours tu l’passes à l’autre, bâton crotteux passe le relais
  mais moi quand j’ouvre les yeux je ne vois qu’éternelle lumière
  par le trou du néant ustensile indocile, éternelle lumière

  mes amis ne sont pas revenus, je suis donc resté seul as-
  sistant à ma propre déflagration. ce fut propre en effet on se passa
  de musique, de filles bref, on se passa de tout
  je n’ai qu’un seul amour, n’y suis que tout amour, resplendissant dès lors que je
  n’existe pas

  on marche comme on ne marche pas, sur place dans l’immensité des flaques
  qui pleure et ne pleure pas, va falloir tracer claire la ligne de partage des eaux
  . je hais mon nom. j’embrasse mon nom. je crois que je suis enceinte de mon nom.
  qui l’aime le fuie

  il y a un dieu, et même ce dieu-là ne regarde qu’en-haut, hors-sol tournesol, traces de gras sur des lunettes noires
  sans quoi je rêve, mais rêve encore, priant que le rêve ne me réalise pas, ni même en rêve
  il y a les dents aussi, j’allais presque oublier, qu’on jette par la fenêtre quand fenêtre s’entrouvre, fenêtre faisant froid
  d’où le pieux frisson froid

 

derrière la vie les grandes marées

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