un chien vaut mieux que deux tu l’auras, mais en fait on a tout perdu
le gazon sur la pelouse, la langue dans la bouche tout, on a tout perdu
que tu t’attaches ou te rases les cheveux n’y changera rien – là comme partout tu t’es sentie perdue
un chien m’approche un autre s’en éloigne attention, attention à faire bien attention, la nuque raide
s’extraire d’une tombe pour entrer en ehpad, mais de quoi parle t-on enfin, et parle t-on encore ?
je n’ai jamais mais j’ai jamais, et d’ici-là déjà n’ai toujours pas
je viens les mains vides tu vois, et c’est ainsi le cœur à vide que je m’adresse à toi
un peu de bleu aux lèvres tu vois, des traces d’orgasme au terme d’un sommeil agité, des fuites de ci, des fuites de ça
et toujours quelque chose manque, afin de nous accoutumer au manque
ordinaire et global
on se demande comment mais en fait non, on se demande rien et presque, on se demande pas
je ne tiens pas le plus pur d’un homme dans les mains, et moi-même ne sais que faire de ces mains
j’attends qu’un jour se fasse jour, quoique cela ne me regarde
définitivement plus

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