je ne veux pas partir avant de dire oui, et partir posera peut-être ultimement ce oui
ce que je veux néanmoins dresse de fait un non. que je parte ou demeure, j’entérine ce non tant au départ qu’au demeurant
simple crotte de bique sur le chemin tordu
la crainte de l’oubli m’a claqué les bretelles. la paille faisant défaut, on tirera son sort au plus court poil de chatte
au doigt mouillé, j’affirme que la mort se trouve de ce côté – d’ailleurs colle encore le sable
entre les orteils et sous les plantes
du pus sort du miroir, on soignera ça avec la peur au ventre
ou des panneaux bilingues annonçant quelque pauvre hameau au bout d’une route désormais peu fréquentable
au point où on en est, c’est décidément celui qui dit qui n’y est pas
tout peut arriver, absolument tout, n’importe où à n’importe qui n’importe quand
et cependant rien n’arrive vraiment, à quiconque et sans les impuretés
entre les deux navigue à vue un désir de quoi un désir de rien, qui te répondrait moi non plus ou y a pas d’quoi
de rien je vous en prie
encore faudrait-il déterrer la pioche pour entamer enfin le chemin du retour, ou de cet éternel départ pour lequel nous tressons
depuis quelque temps déjà nos couronnes de fleurs, de frêles nattes serpentant le long du cou, des notre-dames apparues sur un tas de galets
profonds les courant bas. et plus profond encore, endormi le dragon

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