fleur au canon sabre au clair, j’achève ma terre

  entre deux rêves j’éteins ma bite, entre deux rêves cénobite, et demi je crache mon style
  il n’y paraîtra pas, ni en moi ni en soi, il craint que soulevant la main nulle ombre ne s’ensuive
  tout ce qu’on n’est pas viendra nous caresser la tête

  au fur et à mesure que croît le manque, crève l’abcès
  j’ai plus d’une figue dans mon sac, également plus d’un parachute sur mon dos
  post-historique ne semble pas de tout repos…

  la mer aura tout confondu : les poulpes avec les couilles, l’œil-de-bœuf avec l’œil-du-veuf
  pas évident dis-moi d’avoir un lieu sacré et de s’en trouver fort dépourvu, définitivement privé
  j’ai quand même découvert une pierre à l’entrée de chaque paysage, la ramassant pour fracasser la vitre
  de chaque paysage, humain fut-il…

  trois fois la vie deux fois la mort, ce qui me laisse une longueur d’avance
  une fois le chemin parcouru, comment le reparcourir et comment de surcroît
  ne pas le reparcourir ?
  quelques dents en moins peut-être, un cœur tout à son esprit de vengeance
  – de grêles queues de cerises ?

  ma gamelle d’aimée, mon esprit rassassin
  je me violente environ toutes les trois minutes, et personne ne vient nettoyer ni recoudre les plaies
  je ne sais pas de quoi je parle et d’ailleurs j’ignore au fond quoi parle
  j’attends juste que tu viennes me gifler
  ou déposer le baiser sacré sur ma joue mal rasée

  elle parle dans la nuit car c’est un enfant rare. un enfant c’est ultra rare
  elle sue sous les aisselles d’où mon regard en coin, mon coin à l’angle mort
  touche-la d’où qu’elle sorte, elle sorte de mon doigt
  elle abrège comme ça, elle abrège tout l’temps. c’est moi qui coule dedans.

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