les choses sont bizarres quand on y pense les choses sont étranges, elles ne
vont pas de soi
dans la stricte évidence elles ne
vont pas de soi
c’est qu’à la fin il ne reste personne à qui parler, pas même à soi
c’est qu’à la fin il ne reste rien à dire, pas même soi
devenu le témoin muet d’une scène indéroulable, ou qui se trame au loin dans
un espace définitivement autre et hermétique
à toute supplique
c’est la dernière nuit et que fais-tu de la dernière nuit ? tu joues et tu rejoues en ton esprit la scène originelle de ta déflagration, jeu dont rien apparemment
ne saurait venir à bout
d’ailleurs dans quelque sens qu’on te tourne, on ne te trouve aucun bout
ils se méfient de toi comme de l’eau claire, alors remue la vase
remue la vase que l’eau s’en trouble, et se trouble le reflet jeté là
il est dans l’ordre des choses que l’on ne discerne nul ordre dans les choses
je mange dans ta boîte et tu me regardes faire. je sais l’après-nous déjà présent en nous
vers où se tourner, plongé au centre d’un miroir neutre, presque éteint ?
ne me regarde plus
le poisson
a cessé de tourner. il flotte ventre à l’air et c’est le ciel entier désormais
qui stagne dans son œil

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