peu importe que le clou n’y soit plus, le trou lui ne s’est pas rebouché

  s’il y a la mort c’est que n’est que la mort
  une, et éternelle
  un peu comme les gens qui changent d’avis quand on ne les contredit pas
  on saute en bas on saute en haut, sauf
  que ça ne rebondit pas

  c’est le matin qui tue le jeu il ne faudrait
  jamais se réveiller, ni jamais s’endormir, vibrant d’une
  insomnie permanente
  j’introduirais ma langue dans ta bouche ça ne
  s’avale pas

  il n’y a plus qu’un homme et cet homme est mort, c’est à dire
  qu’il n’est plus que le résidu d’un homme et même pas, qu’il en est
  la désintégration
  il n’y a plus qu’un homme et cet homme n’est pas
  ou alors fait le mort, fait semblant de
  n’être pas

  cent chiens m’ont mordu
  à la cheville, à la gorge, au visage
  cent chiens ne servent à rien
  plus près de moi je vais, je déambule
  sans cheville, sans gorge, sans visage
  j’aspire à quoi, j’aspire à l’air

  j’absorbe la pénombre, bon, j’aspire la pénombre
  les bras sont nus. tu peux vérifier les bras sont nus
  et propres
  j’aspire la pénombre tandis que la lumière
  irradie mon squelette je ne sais par où fuir
  la pénombre la lumière je ne sais comment fuir

  j’arrive quelque part, et je n’arrive nulle part
  c’est cela être là
  là où l’on ne l’est pas

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