profaner bouche bée

  il mange peu
  il balaie la cour, plus ou moins tous les jours
  il n’a pas appris à reconnaître les signes dans le ciel, ni sur terre
  et par « terre » nous entendons le paysage, ou tout au moins les parages

  il suffit d’un homme à la fenêtre
  d’un homme ou d’une femme
  d’un homme qui se prendrait pour une femme, ou vice versa
  disons un homme pour faire simple, un homme
  qui ne se prendrait pour personne, assis là à la fenêtre
  ou sur un banc
  un banc fera tout aussi bien l’affaire, après tout

  beaucoup se sont réveillés nus, complètement nus
  étonnés certes mais ne prenant pas le temps vraiment de se poser de question
  certains se sont réveillés sans même se rendre compte
  qu’ils étaient nus
  mais peut-être ne l’étaient-ils pas, au fond…

  quelqu’un est passé par là
  et que cela ne semble pas avoir laissé de trace quelconque dans le paysage n’y change rien, quelqu’un
  est bel et bien passé par là
  ça se sent. on ne saurait dire à quoi précisément, ça se sent c’est tout

  il se lave peu
  les jours de pluie, il laisse le balai à sa place, avec la pelle rangée au pied de celui-ci
  une pelle en plastique vert
  on ne peut tout de même pas passer ses journées à regarder la pluie tomber, pense t-il
  sans réelle certitude concernant ceci plus que cela, ceci
  plutôt que cela

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *