je marche avec sévérité. tout le long de ma nuit, je marche avec sévérité
je me rends bien compte que l’un ne va pas sans l’autre, et que l’un va sans l’un
je ne me regarde nulle part. dans la glace je ne me regarde pas. je ne me regarde pas quoi qu’il en soit
j’ai mangé tout le bitume, à la petite cuillère. tu me croiras si tu veux
je vendrais le ventre de ma mère pour un brin de chaleur. je vendrais même le cordon, par la même occasion
on ne me plantera pas de croix dans le crâne. on me grattera la fesse jusqu’au pouls, dans mon rêve le plus doux
un verre à pied, un verre à genoux, or je suis resté raide dans ma chute
tu aurais pu me lécher le corps et le prendre pour de la confiture, mais je ne t’aurais pas crue
je me suis réveillé débile marteau, sans le nom ni l’adresse
après avoir épluché toutes les circonstances je suis allé pisser contre de l’ardoise
l’ardoise noire
on se marie d’ici un jour ou deux, on se marie au fond d’un jour sans date
il me faut cette esclandre, cette esclandre ou une autre, il ma faut une esclandre
je mâche la tige. tu me donnes toute la langue et moi je mâche la tige. je te dis que je mâche la tige
tu t’en fous. tu me laisses là tu te barres. tu me laisses là avec la tige
au fond de moi il y a un homme ou deux, peut-être un animal. au fond de moi il y a un homme ou pas
carrément si je marche c’est que je marche encore. on ne peut pas en dire autant d’un pont, d’une grue, d’une verrue
je n’ai plus que ma tombe où me planquer, cette tombe à la taille de ma vie, ainsi soit-elle

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