sans parader, sans faire de vagues

  je ne vais rien dire. je vais semer sur le chemin des petits cailloux et j’attendrai qu’ils germent
  qu’ils poussent
  plutôt que de rester là sans destin ni aptitude aucune
  à changer les hommes en visions hasardeuses, ces mêmes visions en cloques sous les ponts

  une fille m’a mangé dans la main
  elle aurait pu prendre un peu plus d’espace, mais certains ont besoin de peu pour contenter d’immenses rêves
  sinon prendre la seconde à droite, puis tout droit à l’infini

  à creuser à l’intérieur d’un homme que comptes-tu obtenir à la fin – un petit miroir dans l’œil duquel
  enfoncer son doigt, sa langue ? un panier de crabes aux noms à résonance étrangement intime ?
  ou seulement une corde à nœuds pour remonter, s’il n’est pas déjà trop tard ?…

  insensible à la beauté du monde, je m’coupe les ongles
  rognures… rognures…
  je me presserai tout contre toi je disparaîtrai. disparaître me semble tout à fait proportionné
  proportionné approprié et puis
  on ne ment pas quand on dort n’est-ce pas, sauf évidemment à
  simuler le rêveur…

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