si un jour j’avais la tête d’un homme si un jour j’avais la tête d’un porc
son sourire post-apocalyptique
j’ai cru qu’on m’aperçut j’ai cru
qu’on me frôle la joue j’ai cru
puis j’ai décru
un homme
n’est pas mort du premier coup un homme
n’est pas mort du second coup, non plus
un homme est mort de chaque coup, par millions chaque coup, un homme
s’est déshabillé
s’est déshabillé nu, comme ça en place publique
s’est rendu nu
j’ai fait un rêve étrange
il s’agissait d’un visage, le visage d’une femme, très jeune
puis, sans transition, ce même visage en moins jeune
ce visage en plus vieux, encore plus vieux
dégradés d’une vie, très triste
ça m’a réveillé et je suis allé pisser
comme je n’avais rien à faire, je me suis relevé et je suis retourné pisser
levé trop tôt, toujours trop tôt – un rêve
définitivement étrange en effet…
la vérité prend la forme d’un objet métallique, percutant et traversant le crâne
tout est affaire de trajectoire mais à la fin
quand plus d’affaire, quand plus de trajectoire, quand plus
qu’un long tremplin, seul face, au-dessus et au-dessous
du gigantesque vide

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