ta peur n’est pas ma peur ta peur
s’est juste superposée à ma peur. j’ai changé de maison. je le sais maintenant je n’aurai
jamais de maison
j’ai changé de métier : j’étais télégraphiste me voici désormais
lampiste. mon dieu n’est définitivement
pas le plus beau des hommes, tu porterais tes larmes entre deux doigts, tu me les offrirais
pour que ça glisse mieux soi-disant, ou que ça me fasse de la peine j’hésite encore
sur ta motivation finale
il n’y a plus en moi qu’un ventre vide et comment transpercer
un ventre vide ? de la terre plein la bouche cela n’avait certainement pas le goût
d’un de tes seins – j’ai même du donner un rein pour m’inscrire aux
dépressifs anonymes ou sur
ta liste noire
il y avait une corde, une poutre une chaise et il y avait moi
donc je me suis pendu
j’aurais pu m’en abstenir mais alors quoi ? on ne peut se résoudre une vie durant
à ne rien faire, quoi qu’on prétende…
je me retrouvai ainsi dans son cercle de vérité
j’éjaculai par ci par là, pour la forme
j’ai grogné tout l’été, l’automne venu je pensais conserver les châtaignes
dans le sable
on ne touche pas la main de celle qui dort non, on ne lui suce rien
on attend que ça passe voilà tout, et si rien ne se passe, on répète l’opération jusqu’à
ce que le décès soit constaté
par un médecin légal

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