dieu s’est tué pour moins que ça, quoique je n’en fusse pas témoin
et me voici frappant et refrappant à la même porte, comme si
on allait me répondre comme si
on m’entendait comme si quelqu’un se trouvait là
là, ailleurs qu’ailleurs, autre part qu’en l’absence
– surdimensionnée, l’absence…
je m’en fous. je n’joue plus
à la bouée à l’élastique, à la marelle ou au loup, je n’joue plus je ne fais que
regarder jouer – la marelle le loup, l’élastique à mi-cuisses
le hommes morts avant même d’être nés…
plutôt qu’à une croix, je préférerais ressembler à une pierre
pas un galet ni un menhir évidemment – disons une pierre-topinambour ou un truc du genre, tu vois ?
non. tu ne vois pas. et pourtant on n’a que voir apparemment. alors imagine l’enfer dans lequel patauge et merdose
tout ce qu’on ne voit pas, et tout ce
qu’on n’est pas du fait de ne pas voir
comme un poulet sans aile, comme un poulet sans peau, comme un poulet sans patte
j’ai mordu dans le tas
on a mangé ça comme on a pu, les doigts dans l’pot, les confetti circonvoletant
on a pleuré dans l’ordre
heureusement survint l’hiver, et tous ont soudainement cessé
de se toucher les uns les autres, de faire semblant
une pipe c’est une pipe. ça se fume, ça se crache, ça se tousse
on rentrera l’un en l’autre, on en ressortira par l’un ou l’autre trou. ou on s’en
expulsera de force, je ne sais pas
je ne sais pas et quoiqu’en cet instant présent ça ait l’air d’une formule éculée là vraiment en cet instant précis je n’en veux
rigoureusement rien savoir
je n’ai été pur qu’au plus purulent de ma souillure, soit dit adolescent, adolescent pustule ardent
toute pureté et salissure pour capital, je gonfle et cependant j’ai l’impression
que ces bulles m’écrasent
m’écrasent profondément
profondément ça fait des trous

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