échos du bout du bout du monde

  noirs les ballons
  qu’on lâche dès qu’on ne peut soutenir davantage
  sa propre légèreté, écrasé d’apesanteur et du sentiment persistant de
  sinistre vacuité :
  noirs les ballons

  tomber, mais tomber où, sur la pointe des pieds
  tant tout est chute dans le vide, et vol toute chute
  planant de le penser mais
  chute à la pensée de penser ce plané
  – eh merde !

  dans la nature donc tout est rond, les nez de clown sont ronds
  les ronds ne s’ennuient pas, poissons dans leur bocal
  or si les ronds font des bonds, les bonds mouillent chemise : des ronds partout
  des ronds tout l’temps

  toute la nuit je rêve. ça fait passer la nuit
  je ne comprends pas la mort – pas plus mourir que d’être mort, pas plus pour soi que pour autrui
  je ne comprends rien
  par conséquent toute la nuit je rêve. ça fait passer le rêve,
  le goût du rêve

  cela fait de moi un homme qui marche, un homme qui
  ne se l’explique pas et c’est ce qu’on se dit quand on ne sait quoi se dire ou que
  mourir pour un poème mais non, ça ne
  décolle pas

  nous sommes les tombeaux de nos mères
  et en plus c’est nous qui apportons les fleurs
  ça sent bon, les fleurs
  ça nous innocente, en quelque sorte
  le reste se réduit à de larges trous observant tout cela
  d’un regard fade

 

échos du bout du bout du monde

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