le jour des encombrants

  parce que la vérité ne se trouve pas au-dessus, mais en dessous
  tant qu’elle ne signifie rien, ou signifie ce rien de son insignifiance
  ce qui change, c’est que cela ne change rien si ce n’est qu’au-dessous
  du dessous flotte désormais l’azur bleu

  tout ce qui est sorti de mon ventre est rentré dans mon ventre et pourtant
  je ne suis la baleine ni rien de tel, tout ce qui est entré dans mon ventre y
  a surnagé un moment, m’a regardé fixement dans les yeux. je souffre de
  la calvitie du cœur, je crois

  après avoir réalisé que je n’étais pas celui que je pensais ou étais sensé être, je suis allé me changer les idées
  et changer de caleçon, en toute estime et par la même occasion
  mes rides sont mes rides et feront le tour de mon front avant de faire celui du monde
  que ce soit par précaution ou par inertie, dieu merci, le monde ne se rendait nulle part

  tu ne reconnais d’espoir, ni en moi ni dans le vermicelle des soupes populaires
  tout ce qui chante chante en mon nom, tout ce qui danse danse à mon son, range donc tes ciseaux
  à rebours de toute une existence, je ne me sens dorénavant en sécurité que dans l’obscurité totale, le silence béant

  le prunier n’a rien donné cette année et je n’ai pas baisé. quelque chose me dérange
  je ne saurais dire quoi, quelque chose me dérange. imagine que sous l’effet de l’ombre ce soit une clarté que nous projetions sur le sol, et que nos mains s’avérassent incapables de s’y poser, de la toucher…

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