soupe aux frelons

  la ville dans la ville et les cheveux dans les cheveux, on s’appellera ce soir ou sinon demain soir
  on se verra plus tard

  les bulles se sont calmées. les bulles se sont calmées partout je n’ai pas eu le temps de
  finir mon pain d’épices, ou ce que je me plaisais à imaginer comme étant
  du pain d’épices

  les hommes s’embrassent comme ça, les hommes s’embrassent dans les coins les hommes s’embrassent partout
  alors on leur tire dessus, comme à la fête foraine sauf que là on gagne
  pas de nounours

  remonte ma ceinture, dis-moi comme j’étais belle, prends-moi sous tous les angles – quelqu’un se lassera de moi quelqu’un
  feindra de ne pas me reconnaître
  sur un bout de miroir

  tu crois qu’on vit dans la même tête, toi et moi, projections bâclées d’un même subconscient ?
  je me jette en premier tu me suivras de près – de si près qu’entre l’un la chute et l’autre le corps ne saurait subsister
  qu’un seul et infini vertige…

  nous les petits garçons, les inutiles, les affabulateurs du rang du fond – et tous ces secrets qui finiront par nous trahir, ces marques au cutter
  rageusement incisées sur le revers de qui nous prétendions être…

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