où de la queue où de la tête, je rame à reculons

  lâche-moi l’intelligence, lâche-moi le gland, rénove un espace à la fois infini et clos
  après quoi nous sortirons les pailles, secouerons nos déroutes, prendrons un raccourci pour nous rendre d’ici-même
  à là-bas n’importe où

  caresser la crête du coq puis lui trancher le cou, tout est amour en ce bas-monde
  j’ai fait l’amour à mon dentiste. selon une version plus conséquente on m’a passé le râteau sur tout le dos, pour le débarrasser des feuilles mortes, des coquilles
  vides d’escargot

  je sors dehors une dernière fois avant d’aller me coucher
  le sol blanc, d’un blanc crémeux, d’un presque-gris
  ce n’est pas parce qu’il y a quelque chose qu’on revient, mais parce qu’on revient qu’il y a quelque chose auquel revenir
  du coup on ne sait plus s’il faut prier pour que ça marche
  ou bien pour que ça foire

  du hibou sur la planche. plus grand chose à becqueter…
  on se promène de long en large, puis de large en long une fois qu’on a fini – ça dure disons un bon bout d’temps
  tu me peignes je te peigne: même à trois même à onze, on ne sera jamais plus de deux…

  parfois je trais la chèvre. représente-toi l’univers sous l’aspect d’une chèvre
  représente-toi cette chèvre comme figure du grand vide, parfois je trais le vide. je tire sur les mamelles
  parfois j’oublie de m’ennuyer ou plutôt, j’oublie que je m’ennuie – mais tout cela revient au même, à si peu de chose près…

 

où de la queue où de la tête, je rame à reculons

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