aller tranquille, le mal de mer

  il mordait sans son chien, or il mordait partout
  abandonné de dieu ne lui a pas rendu vraiment service. abandonné de dieu a récupéré les clous qui traînaient là
  et qu’on a mis de côté, pour le suivant…

  Langham est un tout petit village
  j’ai grandi dans ce tout petit village
  puis j’ai quitté ce tout petit village
  pour une vie, n’importe quelle vie, pour n’importe où, où je suis morte finalement et donc ne
  retournerai pas à Langham, ce tout petit village

  majuscule traînait une minuscule virgule, j’ai laissé pousser mes cheveux
  mon dieu avait une jambe de bois. je l’ai frottée, rabotée, sucée – aurais-je une langue de bois ?
  de bambou ?
  de chêne qu’on écorce pensant débouchonner la lumière mais la lumière se tait
  elle ne fait en effet plus de bulles, la lumière…

  j’étais toujours d’ailleurs, je venais d’autre part, saignant du nez un peu
  tournant de l’œil, le droit le gauche, chacun son tour. j’ai fini par me confondre à mon âme au point où
  ne resta que mon ombre, plus rien ne faisant ombre
  bref de ces trucs qu’on chope, quand on aime sans précaution…

  amoureuse d’une autre vessie, hors bord de soi
  hors bord de moi
  carte postale à la dérive
  j’ai un chien il me mord au visage j’ai un chien, je ne connais pas son nom
  il ne connaît pas mon nom
  un ami m’héberge en attendant

  bavures, morsures, et autres claquements de langue
  un pêcheur a repêché, un slip s’est retranché
  j’ai mal aux dents. ça arrive ça, d’avoir mal aux dents. on n’y peut pas grand chose. allez,
  va tranquille, le mal de mer…

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