enchevêtrés dans nos racines, soudés à nos déracinements, on va pas loin
on va pas loin on vole pas haut, coincés dans la cuvette, épinglés au vent glacé
le paradis perdu dans une blague malabar
on s’embrassera comme ça, en secret. comme ça et tellement en secret qu’on ne comprendra même pas
que l’on s’embrasse
et pourtant c’est là nulle part ailleurs, et pourtant c’est là nulle part en soi
c’est comme dieu tout à coup apparu
où il n’y avait rien
la solitude de l’homme devant dieu l’a rendu moitié débile, aux trois quarts dépressif
je n’étais pas présent où la bombe tomba. j’étais en vacances quand la bombe tomba
ou en grève, illimitée
ou alors parti rejoindre mon amour en quelque hiroshima
je ne l’ai pas trouvée
rêve donc seul, permafrost
ou va danser au milieu des cochons, avec un mouchoir et pour un samedi soir
rêve donc seul, permafrost. range ta vie dans un tiroir à double fond, une boîte à triple tour
il y aura des lézards et on les mangera, ces lézard, on les dévorera
ils rendront leur âme sous nos dents, en même temps et de la même manière que nous
chacun sa peau, la mienne est morte
la mienne se replie en un rouleau bien sage, un rouleau qui néanmoins fuit
elle est morte mais quand on appuie dessus, oh my lord, quand on appuie dessus…

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