posé les mains sur la mer, la mer s’est pas calmée. posé un pied à terre la terre l’a bouffé. malgré tout je continue. à quoi je l’ignore, à rien je continue. sans les mains sans les pieds je continue
il ne s’agit pas d’une histoire de scorpion, on l’a rayée de l’âme. demain étant trop court on a tout remis à l’éternité. le temps d’une minute, allez deux minutes, on s’est bien cru tiré d’affaire
rien sous la peau qu’un cadavre en sursis. rien sur la peau qu’une absence épilatoire. sur le carreau je change de carreau. sous le galet le trèfle d’une seule feuille
je m’emmerde chez toi. je m’emmerde chez tout l’monde. déterre l’os blanc du jour si tu y tiens, sous l’horizon à cloche-patte je disparais. sans dire shush sans faire atchoum je m’éclipse
je lui ai soufflé dans le vagin jusqu’à ce qu’elle s’envole et là j’ai pleuré, mais seulement de façon à ce que cela ne se voie pas, afin que les pleurs parviennent à leur seul et réel destinataire, lequel n’est ni de ce monde, le pauvre,
ni d’un autre…
clause de confidentialité oblige, bétadine sur la mèche. au réveil mes yeux ne se sont pas ouverts. ou plutôt, quoique très grand-ouverts, ils demeuraient aveugles, bourrés de nuit. comme un saut soudain et sans fin dans un vide sans fin et soudain
le saut
le vide
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