on s’est rangé du côté est, comme ça, pour faire de la place. pour contempler le coucher de soleil avec le recul nécessaire. depuis des mois qu’on ne mange plus, des mois qu’on ne se lave plus, on ne se touche plus
je baise par procuration. le plus discrètement possible je caresse les vieilles dents. d’un homme je suis finalement parvenu à faire une anguille, une loutre. je ne raisonne plus. t’ai-je raconté que je baisais par procuration ?
il n’y a pas de mal à ça. il n’y a pas de mal à ci, donc pas de mal à ça. on en reparlera plus tard. non pour en dire quoi que ce soit de définitif, ni même de sensé – on en reparlera comme ça, tout simplement, juste pour en reparler
je ne me déshabille plus, je dors tout habillé. je me douche tout habillé. je n’enlève plus mes chaussettes – rien que mes lunettes, pour ne pas les casser. c’est si vite arrivé ça, pendant son sommeil de casser ses lunettes
les hommes finissent leur repas debout. ils n’ont nulle part où se rendre, certes, ils n’ont cependant nulle part où se poser. je ne retire aucune gloire, je ne retire aucun bénéfice de tout cela non – moi je fais seulement le pied de grue

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