lever de pigeons sur un ciel obstinément bas

  désencrassé de toute nostalgie, je m’envoie en l’air, m’envoie en l’air jusqu’à ce
  que je ne retombe plus – on rebondit si mal sur
  la bouse
  le béton froid
  le vide sans élastique

  on écrit nos noms sur des bouts de papier, n’importe quels bouts de papier
  qu’on chiffonne, avec nos noms dedans, écrits dedans, attendant
  d’être un jour dépliés, nos noms dedans

  sincèrement, je ne m’attendais pas à ça – tout ça, là
  on meurt pour si peu…
  il y a une limite à ce que nous pouvons supporter de beauté, et j’ai les pieds gelés
  les pieds dans l’eau gelée

  j’ai sorti ma boussole, pour voir
  s’agit d’une boussole bon marché, d’une boussole aléatoire, n’indiquant le nord que très approximativement
  je la tends vers le ciel elle me montre le ciel, pour une fois
  je la tends vers le nord elle me montre un quelconque bistrot, où l’on sert un café franchement dégueulasse

  à noël on perd ses dents. de raison d’être on n’en a guère alors non, à noël on ne perd pas sa raison d’être
  le jour de l’an on perd ses ch’veux. on embrasse sa mère sur les deux seins le jour de l’an on perd son âme
  alors même qu’on n’en a pas

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *