l’universel insignifiant

  la nuit on fait un nœud. un nœud de nuit ou quelque chose comme ça, à peu près comme ça
  si je t’ennuie tu peux le dire hein, si je t’ennuie tu peux me tirer les cartes me prédire le désastre me faire un mauvais sort
  la nuit on fait un nœud. un nœud double pour être sûr
  que le jour sur nous ne fondra pas

  un jour une nuit, plus un jour
  et une nuit encore, parce qu’à la fin c’est toujours la nuit qui gagne – question de pudeur vois-tu…
  des poissons rouges descendent du ciel et nagent autour de moi. s’ils tombaient raides je m’inquiéterais mais non, ils ont l’air parfaitement
  insouciants comment dire
  insouciants c’est cela

  toutes les maisons de la terre explosées je me suis retrouvé dans
  un tout petit appartement. je refais le lit tous les matins, que je dorme ou pas
  je meurs les uns après les autres. les uns après les autres je rends l’âme, tout souvenir, chaque vie dérobée
  ce soir en guise de crépuscule, devant l’éternité j’épouse la dame-pipi

  les bulles qui s’échappent de notre esprit n’ont pas de parti pris. on s’éveille de bonne heure on s’éveille
  de plus en plus tôt, c’est vrai qu’on rigole pas souvent je te tiens tu me tiens
  par la nouille par l’huître. on ramasse quelque chose par terre mais jamais ne ramassons
  la terre entière

  au-dessus de nous l’univers étoilé, étonnement infini, s’ennuie
  ou même pas. il s’ennuie même pas. il écoute la musique
  il écoute la musique comme si le silence
  ne l’occupait pas tout entier…

 

l'universel insignifiant

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