peau d’ogre

  la pluie ça fait la pluie, et autre chose encore, comme des creux dans le trous

  la pluie ne vient donc pas d’en-haut, mais d’en-dessous, même à Belgrade

  la pluie coule sur moi, qui ne coule sur rien, à pic

  on est mort aussi longtemps que l’on a pu. puis un jour, n’y tenant plus sans doute, on s’est réveillé, on s’est levé, on a marché. mais on s’est assis au bout de quelques mètres parce qu’on était un peu fatigué
  ou tout simplement déçu

  je voulus parler enfin, dire quelque chose or aucun son ne sortit, aucune voix ne gicla que des petits cailloux, dégoulinant d’la bouche et qui roulèrent à terre, comme ça direct

  les jours où je ne suis pas mort, je fais ma pleureuse je m’arrache les ch’veux, me lamente sur mon sort tandis qu’en mon esprit se combattent férocement la pensée de dieu
  et celle du repas du soir

  rien ne me manque en ce bas-monde que l’eau courante, en trombes ou crachin sur nos tombes
  depuis peu rien ne remonte, rien ne remonte en soi

 

peau d'ogre

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