rouge-pie

  de toute une tombe n’est ressortie que la tête, les muscles ont lâché prise
  je t’embrasse par ailleurs, je t’embrasse en succion, je t’embrasse par le chemin le plus creux

  mes mains mesurent dix centimètres, dix centimètres de plus que mes pieds – mes pieds sous les genoux, accrochés aux genoux, pauvres genoux…
  j’endure toute une vie, j’ai besoin de repos. je sais pas où poser le trognon

  le cuir est chevelu, ma femme m’attend au portail. on a échangé nos cabines
  un jour je me suis mis nu. un autre jour c’est toi. se jeter par la nuit nous fut d’un grand secours

  parce que tout, même les nombres découlent de plus haut qu’eux, plus haut que soi. les petits alpinistes
  j’ai logé une bulle dans l’espace mental. pour le loyer premièrement. ensuite parce qu’il faisait un peu froid
  un peu froid partout, tout l’temps

  dormir à deux creusait un trop grand lit. on s’endort comme on peut, entre deux équinoxes on s’endort au milieu
  si je meurs tu m’embrasses le sexe, on s’arrange toujours pour ne pas
  mourir trop longtemps

  trois fois la mort fuit avec moi je n’ai pas
  tiré le rideau le rideau n’a pas
  été tiré sur moi, on se montre nos mains on respire nos mains on ose même et on finit par se
  lécher les mains, l’un l’autre, avec la langue

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *