corps sans amour, âme sans témoin

  je ne vis pas pour grand chose, pas pour grand chose et ça fait mal – ça fait
  mal à l’être, de n’y être pour grand chose, ou seulement quand il pleut
  le train je ne le prends pas. les épaules, je ne les hausse même plus
  il y a un trou et au fond de ce trou je rêve de palmes en caoutchouc

  j’ai un homme, j’ai une chambre, et je n’ai rien du tout
  si je regarde par ci je vois par ci, si je regarde par là je vois par là
  or je ne regarde nulle part, les yeux étalés comme des nénuphars
  j’embrasse la terre la terre me r’crâche, j’embrasse le ciel le ciel me chie, je sais vraiment plus où me tourner

  les chiens n’aboient plus, le ventre est vide
  on s’approche l’un de l’autre et plus on s’approche l’un de l’autre, plus vaste la béance
  alors on pisse dedans
  de toute façon on pisse, de toute façon béance, alors on pisse dedans

  mon âme me fait mal. je lui raconte n’importe quoi, elle ne s’en laisse pas conter
  mon âme m’ordonne sésame ouvre-toi, pourtant je m’appelle pas sésame
  on s’est trompé de numéro, d’adresse et même de nom, j’ai voulu t’embrasser mais la bouche
  ne m’a pas reconnu, reconnu l’autre bouche

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