son enracinement dans l’air muet

  homme dans ma ville. homme
  tout autour de moi. homme
  comme une bulle de béton, qu’une simple libellule
  perce, éclate, sans même s’en rendre compte
  ou par jeu

  de quoi ai-je l’air maintenant, maintenant que je n’ai plus
  l’air de rien, ni de quoi ?
  un homme s’est fait la malle un homme
  s’est retrouvé enfermé
  dans la malle. y a pas d’quoi

  y en avait marre de toujours revenir renifler
  les mêmes vielles crottes
  alors je suis sorti le premier, le pas léger, l’esprit quasiment déifié, l’angle étroitement mort même si
  les angles finissent par s’arrondir, les morts se rétablir

  j’ai vendu ma maison, ma montre, dénoncé mon harceleur. il n’y
  a plus d’eau chez moi, plus de chez moi. la boîte aux lettres ne ferme plus
  je voudrais m’asseoir sur une goutte de pluie, une goutte
  suspendue, arrêtée dans sa chute

  il pleut souvent chez vous ? ça va, il pleut souvent, j’ai tendu
  la gamelle – la gamelle d’où
  l’homme s’est retiré, afin que ne demeure
  que le son de la pluie sur le fer blanc et dans l’oreille de ce
  qui fut un homme, une nébuleuse

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