tam le vide, tady la rame *

  il me reste quelqu’un à qui dire bonjour. croisé au hasard dans la rue. quelqu’un. qu’il me réponde ou non ne fait, bonjour, aucune différence
  passe devant

  elle s’amuse à ça. ça l’amuse. ça lui dit cours par ci, ça lui dit cours par là, surtout ne t’affole pas. je lui ferais bien quelque chose mais quelque chose m’a dit :
  pas touche

  il ou elle vent debout. vent couché quant à l’autre. j’absorbe les coups. les silences. j’absorbe les coups même quand ils sont en silence on les
  absorbe mieux comme ça

  je rentre à laval. une rame à la main et la rivière à vide. je rentre je. rentre à laval. il faut mourir un certain temps puis se. réveiller pour
  se voir mourir, un certain temps

  caresse la balustrade. par dessus la balustrade il n’y a rien. rien m’entends-tu comment. entendre le rien, le rien ne s’entend pas il se tire une balle dans
  le pied, la tête. le pied de la tête. le plein nulle part

  caresse la balustrade. par dessus la balustrade naît le vide. le vide à soi, le vide hors-sol. quelque chose m’a dit touche pas alors je lève les mains, je lève
  les mains au vide

  * tam, tady : ici, là (en tchèque)

tam le vide, tady la rame *

 

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