tragédie tragédiante

  derrière le baiser dur s’enchaînent les nuits. rien à redire, seul je transpire. ce à quoi cela sert ne sert à rien. derrière le baiser dur claquent les dents

  claque la route, au vent mauvais. que tu partes de ce côté-ci ou de côté-là, claque la route au cœur du sens. alors je plante l’auriculaire dans le trou de l’oreille et j’enfonce, jusqu’à ce que crève l’abcès

  il reluit sous ses loques. il donne à voir un pays qui n’existe pas, qui a manqué sa chance de faire surface. l’ont-ils foutu en l’air, l’ont-ils au contraire mis en terre, le pays racine abstraite

  de ce jour ininterrompu. de ce jour au long cours. il m’a suffi d’une fable pour nourrir un oiseau de sang froid. depuis disons trois jours je gis de côté nord, je gis en couche morte

  kermesse en terrain vague. on aurait du s’y attendre mais non, on avait d’autres poules à fouetter, d’autres extrêmes à réconcilier. un chien m’a mangé dans la manche jusqu’au coude. depuis je vais bras nu, bras nu jusqu’au moignon originel

  il s’envole. on ne dirait pas comme ça, il ne dit rien mais il s’envole. il s’envole au fond du trou. au fond du trou un ciel patauge. tu le retournes et vois : du fond du ciel un trou émerge…

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