je n’en parle à personne. je le ronge en dedans comme s’il s’agissait de mon os propre – une côte ou une vertèbre que sais-je ? je creuserais un trou et l’y déposerais au fond si je ne craignais que la terre me recouvre avec ça
une fois la chose partie, on reste assis. le temps qu’il faudra, on reste assis. ceux qui se lèvent à la première heure ne rentreront pas avant le soir et trouveront place vide. une fois la chose partie on le sait désormais : plus rien ne viendra nous sauver
tout l’espace s’écroule seule demeure l’âme, droite, immobile. . on aurait voulu voir ça mais on ne l’a pas vu. et lorsque l’âme à son tour s’effondre, que se révèle enfin, sans queue ni corne, socle ni cerne ?
détrempé, je me fais la bise non par amitié, mais plutôt par pitié. on s’esquive par le plus petit chemin possible, par quelque sinistre issue de secours au bout de la quelle une ruelle nous ramène face à nous-mêmes, les deux joues blêmes
quelquefois on y croit. quelquefois on fait juste semblant d’y croire, ou de ne pas y croire. on constate en outre que le vide croît. sous la poussée des océans le vide croît. on y oppose un veto de principe il avale et le principe et le veto
vivre cul nu, sur un banc froid mouillé. on récidivera. les matins gris et la mort au milieu, on récidivera. le zénith a déchu. descellé, fracassé. vivre en peine, en telle peine et le cul nu

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