ma langue est tellement sale…
j’aurais voulu te lécher le bras, dans le sens des épines autrement dit du poignet
jusqu’à la clavicule
je suis un être à court, à court de quoi, à court de soi. est-ce qu’on meurt si on embrasse une fille dans la bouche ?
ou si on lui touche la couche ?
j’achève quelqu’un, mais quelqu’un semble grave, quelqu’un se rase le mou. j’achève quelqu’un car il est temps
de tomber en dedans
vivre c’est mort, alors on s’est gratté la joue, on s’est souvenu de
j’étais homme mais je n’étais rien. j’étais homme de n’être rien. je n’étais rien, rien ne pouvant être qu’homme
et on faisait aller…
les hommes n’ont pas de taches de rousseur partout sur le visage les hommes sont
juste des hommes – ils ne se suffisent pas mais peut-être que
rien ne suffit à rien
je ne m’appelle plus par mon nom, ni par aucun autre nom, je ne m’appelle plus
il va falloir rester vivant pourtant
assumer d’être vivant
supporter d’être vivant
mentir ça veut dire quoi mentir ça veut dire
supporter d’être vivant. je garde un cheval dans le creux de la main. un tout petit cheval
qu’il galope, qu’il trotte ou qu’il aille au pas, on ne tombe amoureux que d’une solitude
forcément infinie, la solitude…
j’ai donc léché
ta langue par hasard, sans conviction ni intention de blesser qui que ce soit, de mettre le doigt là où il ne faut pas et ça ne marque pas – ça rend les choses
un peu plus incertaines, c’est tout

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