choukran dans toutes les directions

  ils se sont fait des montagnes de mensonges, ils ont même dit au chien: aboie – mais le chien lui n’a pas répondu le chien lui
  n’a pipé mot il n’en a
  pas le temps, pas ce temps-là du moins

  tu sais que je ne t’embarque pas dans une légende, ni dans un succédané de réel – je t’emmène aux lampions, tout feux tout clairs je t’emmène aux
  lampions

  machine arrière n’est pas crédible, machine arrière
  va de l’avant. tandis que sur mon ballon rond, moi sur mon ballon dos je piétine, je piétine éperdument

  ne rien dire, pas un mot pas un geste, qui puisse compromettre… alors on s’abandonne
  à l’in-nature des non-choses, saule en pleurs bien triste épanchement, on s’abandonne
  et puis on s’abandonne

  déplorable conséquence, y a plus rien à manger. on se sent rogner les ailes on se sent
  battre des cernes. un jour fait le vilain on lui balance une froide poignée de
  fraises tagada

  une patte cassée de canard s’étant substituée à ma conscience effarée, je
  rentre bredouille. on reprendra le cours
  débonnaire de nos pensées lors d’une prochaine éternité. retour au sas

  il se dit quoi, de se dire soi, il se dit soit. ou sois. au pire
  au moment de me dire adieu ne lorgne pas vers le bout de tes pieds fixe bien
  clairement l’horizon – on y arrivera se dit-on, même si on n’y
  arrive pas

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