j’aime pas les petites filles

  tu recouvres ton corps de carton il faut bien qu’on se protège
  tu fais caca à l’extérieur des maisons, c’est déjà ça

  manger avec les doigts, ne pas se faire d’ami
  on a vécu tranquille, comme en villégiature – les doigts
  pas vraiment propres non plus

  si tu manges quelque chose dans ma main, ne plante pas tes dents dans la chair de ma main
  demeure un animal paisible, un animal entre les clous

  je crois que les hommes ont disparu. et même les femmes ne semblent
  servir à rien. on les voit dériver en pleine
  déréliction

  je boucle ma ceinture, c’est plus prudent, je ne l’attache à rien
  à rien ne m’attend pas

  soif de je ne sais quoi, quels postillons de source
  soif d’une salive élémentaire. la fusion en sourdine

  le ciel est venu à moi le geste large, le sexe fluide, et je l’ai laissé faire
  un équilibre instable sur la terre en roue libre m’a mené là

  chaque jour je saigne du nez. je me tourne de l’autre côté ou je tende la joue opposée, toujours je saigne du nez
  je sais plus comment faire

  cela ne fait plus d’effet, qu’on tape tant qu’on veuille
  une détresse persistante par ailleurs, et se passant de cause

 

j'aime pas les petites filles

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *