l’œil dans le trou de l’œil

  les yeux s’embrouillent et il vaut mieux se contenter de peu, ou d’autre chose, d’un autre corps d’un autre mode
  respiratoire

  j’allais tous les dimanches, pas à la messe non, j’allais tous les dimanches ainsi que
  tous les jours de la semaine. on rentre tard chez soi pas sûr qu’on trouvera quelqu’un, soi-même ou un chez soi pour
  nous accueillir à bras ouverts

  le ventre est dur. le ventre mais on présume qu’en appuyant fort dessus, un ver en sortira
  ou l’image d’un ver. on a cassé toutes nos lunettes impossible désormais de distinguer
  l’image de son objet ni de déterminer de quel côté penche
  le réel morne

  moi j’ai mangé du saumon moi j’ai mangé
  des carcasses de saumon, je nage à contre-courant. j’avance pas je nage à contre-sens envers et
  contre toute raison

  quelqu’un compte avec moi, jusqu’à trois quat’ cinq, jusqu’à trois deux un, quelqu’un ça veut dire quasiment n’importe qui
  on avance mais on ne meurt pas. on ne nous tue pas du premier coup. la grâce viendra et, toutes dents cassées,
  on s’essaiera à un sourire…

  à la fin c’est comme ça qu’on respire : en vivant peu, mais en mâchant consciencieusement
  adieu coupe court à tout – on aime prendre
  le temps de cracher nos poumons le temps de
  flétrir nos mémoires

 

l'œil dans le trou de l'oeil

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