rien ni que dalle

  on se voit là-bas, là-haut, où tu veux, sur le ferry
  on mange avec les doigts. on se touche avec les doigts. on baise avec les doigts
  les vides se percutent, évaluent les dégâts, ramassent les morceaux s’il en reste de beaux

  alors on a remis ça à plus tard, mais à beaucoup plus tard – on ne vit pas à l’heure
  quelqu’un se lève et monte la garde. au choix. de toute évidence, tout choix ne peut être que le mauvais

  blotti contre son ombre, il avale les signaux. j’ai bien essayé de lui parler mais rien ne sort
  vivant de là. à quoi bon un shampoing dès lors, sur l’œdème d’un masque dur

  je rentre chez moi. tu diras ce que tu voudras, moi je rentre chez moi
  cela fait des mois qu’il pleut, et toujours pas de parapluie
  chez moi. de parapluie. n’importe lequel

  ramasse tes cendres. ramasse tes cendres et gratte-moi le dos, pendant qu’t’y es
  et si tu n’y es pas un peu de gras aux lèvres fera l’affaire je veux dire
  qu’il faudra bien faire avec, avec ce sans perpétuel, ce sans congénital

  elle se brise la joue creuse, c’est quelque chose
  d’ici là on n’en reprendra pas, d’ailleurs on ne
  reprendra de rien, d’ici là. de la poussière dans l’œil ni du spectre des formes – on se tiendra à l’écart
  promis

  la conscience vidée, bon, on peut passer à autre chose maintenant. le rien se multiplie certes
  mais d’un autre côté les jours rallongent – les jours s’allongent
  jusqu’à l’oubli

  pensées de l’inessentiel, petit galop tranquille
  cheval de fumée. de suie. non, de fumée
  clopin-clopant…

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