si je dis ce que je suis je meurs
alors je le dis pas
je meurs debout
je dis que je meurs debout
d’une toute petite voix
je n’ai pas peur dans le noir. nul ennemi ne rôde dans le noir : le noir
est bien trop transparent pour y trouver où se cacher, le noir
nous broie les dents, nous rince l’œil dans le sens du cil dans le sens
de l’irréprochable
je viens d’abord. je viens d’abord mais ne repars pas – venir
est ma façon à moi de ne pas repartir, d’aussi loin
que je revienne et ne revienne de
nulle part vers nulle part, du moment que j’y reparte
comment mordre une main que l’on ne nous tend pas, comment
vivre de quoi, quand on n’a plus de soi comment
s’intervertir, se dévêtir quand peau nous fait défaut, nous manquent les os et les manières
prenant notre mal en patience et s’en frottant le sexe
de quoi se souvenir, à quoi bon espérer. la barbe pousse
je la taille je la rase, sans cesse elle repousse, tel moi-même chaque fois repous-
sant du néant et de moi repous
se le néant
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