pire vacances

  j’avance à pas raccourcis
  me devance l’orage

  à un moment ou à un autre, n’importe, il faudra se pardonner – l’éternité n’aboutira qu’à ce prix, ce prix de l’inconditionnelle gratuité

  chacun porte en soi la totalité du néant (quelle autre totalité que celle du néant?). chacun éclot de soi dans le moment parfaitement dur de son inexorable chute

  il n’y a pas de lieu, il n’y a pas de temps qui accueille ma mort. dieu se révèle l’orphelin à l’état chimiquement pur

  les yeux tournent en rond – on finira bien par
  attraper quelque chose

  subitement le silence
  ahurissant, exorbitant
  absence infinie retentissant dans l’infini d’un esprit rendu présent à soi dans la saisie de son absence-même

  ni dieu ni le néant ne suffisant, on passe outre
  qu’un chien aboie ne fera pas la différence. que l’univers aboie ne nous laissera pas intranquilles
  on s’achète un sifflet, mais on ne siffle pas

  je retourne chez ma grand-mère et ma grand-mère me dit allons, clame-toi : je suis belle et bien morte…

 

pire vacances

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