dans le vif du trou

  mérite un score. mérite une autre promenade
  je me suis fait tout seul, défait jusqu’à la trame
  et s’il y a un trou dedans, bref, je serai ce trou-là

  l’ennui veut son pourboire
  je lui crache à la chatte, éventuellement je lui bave à pleine fente
  je crains pour ma vie. je crains pour la survie. je crains pour mes vacances, aussi

  le néant suggère cette température minimale où le feu ne prend pas, stérile ou indigent
  je mange à la cuillère, bon, sinon je mange avec les doigts – avec les doigts c’est aussi bon

  il me manque un métier, me manque une inutilité, je bafouille à tout dire
  mon buvard m’abandonne, mon buvard me tourne le dos – c’est bien la marque et la fabrique
  de l’orphelin

  à tous les râteliers. à tous les agents de métier. le vide est cet espace enfin
  où l’on ne suffoque pas

  on s’embrasse comme on peut. on s’embrasse où on trouve. souvent au mauvais trou, ou se claquant les dents. on s’embrasse où on veut
  mais toujours de travers

  c’est pour anesthésier la sensation de tomber dans le trou que je fais ce que je fais, c’est à dire rien, broyer du vide

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