gens de nulle part

  il ne s’avère rien. j’ai fini de souper. je rentre chez moi maintenant

  chez moi linceul, soigneusement repassé. chez moi je marche aussi, en mon âme et conscience je marche aussi

  chemise ouverte sur le grand tout, un peu frisquet, ce soir. un peu pince-mi pince-moi, sous la braguette exactement

  béant bêlant du fond d’la poche – j’aurais du mourir, souffrir encore. souffrir d’abord, et puis mourir

  normalement tout se tient. se tient sauf quand ça lâche. et ça lâche à tout prendre. même que ça lâche à craquer

  normalement je rent’ chez moi. ou du moins rentrais chez moi lorsque… rien : une rue à contre sens, un flaque verglaçante…

  je ne sors plus. d’où que je vienne, je n’en sors plus. le vent soufflant de l’ouest, le vent soufflant du nord, je n’en sors pas

  quelqu’un préviens. mais se quoi, dans quel vide ? on retourne la terre : toujours la même croix, creuse

  je me tords les pouces. j’ai l’habitude d’être deux – souvent entre les deux, hors-jeu. hors-jeu ne compte pas

  s’affale sur un banc. ne dit plus rien. voit passer les enfants, quand passent les enfants…

 

gens de nulle part

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