sortir du bois

  petit cheval mendiant, petit cheval quand même
  on en retrouvera bien un autre, la corde lisse, le souffle rauque
  j’attrape une dent, je lèche une dent, c’est l’orgasme qui ne suit pas
  c’est le vent qui ne prend pas

  mien n’est pas mon, je me souviens adolescent, j’ai fait caca aux buttes chaumont
  tu ne viendras plus
  c’était donc ça, mourir ?
  ce repos dans les ruines ?

  à chaque jour l’hiver, et l’hiver croît
  se met le doigt dans l’trou pour se réchauffer, et se réchauffe un peu, en effet
  je ne me multiplie plus par onze, j’abandonne
  mettre de côté des sous, j’abandonne

  la vie mémoire zéro, mais est-ce la vie encore ?
  je délace la matière, le vent s’envole d’une toute autre manière
  il ne me correspond pas
  quelqu’un se branle dans ma boîte aux lettres depuis trop longtemps maintenant

  la propreté du vide, l’honnêteté du vide, détacher la pendule
  jusque là on ne m’avait jamais arraché de dent – que des trous
  jusque là on ne m’avait jamais arraché toutes les dents – récupérant les trous
  on se contentait d’affûter sa langue sur le rasoir, de pencher au nord
  de durcir, sans que cela se sache…

 

sortir du bois

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