sous ma peau, il flotte aussi

  j’arrête de vendre, et je vends un bouquet
  ça ne s’arrête pas là, ça ne s’arrête jamais, la mort-même
  inaugure l’infini, service inclus
  – sans le comprimé, il n’y aura pas d’effet

  invalide d’une guerre non déclarée, d’une guerre cachée, d’une guerre couchée
  les jambes saturent l’espace – j’aurais voulu rentrer chez moi, ou du moins quelque part
  ne serait-ce qu’un dortoir
  quelques milligrammes de décompression

  à tous les dangers, j’oppose ma brosse à dents. s’il se trouve un baiser je lui
  accorderait bien mes lèvres, je partagerai même
  ma paillasse, mon rôle mineur dans la partition des talents
  – désolé j’ai pas l’âme
  d’une boule de cristal…

  le néant est en manque de gens fiables, de timides cascadeurs
  on se rencontre avec les doigts, le reste suit, méthodiquement
  méthodiquement éperdument, t’avances un pouce
  t’avances un pouce je recule d’un mort, toujours en cercles con-
  centriques

  au bout d’un an on est tous mort, on ne
  réagit plus. on nous plante un bâton dans le flanc : rien. on nous
  enfonce une épine dans le gland, non, ceci n’est pas une rose
  ceci est l’ombre d’une pure défection, il s’en va une jambe
  sensiblement plus courte que l’autre

  je ne reçois plus de lettre, rien – et ceci n’est
  pas marrant, n’est pas marrant du tout
  il sourit avec ses dents de devant, il rugit de tous ses trous, derrière
  je naviguai, je naviguai, au fond d’un boîte vide…

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