le trou au fond des choses

  j’ai un animal dans la poche, un animal de poche, une lutte fratricide
  on a placé un miroir face à chaque animal, rien qu’un poil hérissé
  entre les immondes la vie, mauvaise herbe et béton : enfant triste
  de la déloyauté

  on s’embrasse dans les trous
  dans les trous morts de peur
  dans les trous morts de honte
  dès lors un ciel me mord, une connerie comme ça
  j’aime une planche – je suce les clous les pieds d’jésus, j’aime une planche
  je me regarde dans les yeux c’est mort, les yeux c’est mort

  okay okay, je ne m’appelle rien
  j’ai vu de verre en vrai, et j’ai vu l’horizon
  ça n’en vaut pas la peine, soit, ça n’en vaut rien la peine
  d’ailleurs je ne me souviens même
  plus de la sourate

  un chemin trompe-toi d’œil, ou s’agit-il d’une méfiance
  innée, prémonitoire
  je t’embrasse sur la bouche me manque la bouche
  c’est comme si j’avais mal sans l’organe où souffrir
  ni nerf le raccordant

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *