l’extinction du souffleur

  dieu
  n’est plus qu’une présence parmi moi, gélatineuse
  une dune et ça va mal – ça va mal, même sans la dune
  la dune s’est essoufflée, la marée n’a pas pris, dieu
  n’est plus qu’une croix en moi, une croix
  en forme de cercle

  le blabla sous toutes ses formes, le blabla dans toutes les têtes
  et les coquelicots en plein vide, lâchant les rames
  après on pourrait dire : lâchant l’océan tout entier
  ne laissant qu’un poisson creux, une aurore boréale
  la perpétuelle pause-pipi

  l’anémone aux yeux pers, au regard sad. j’aurais préféré parler de moi, de moi seulement
  mais j’avais sport, piscine, un concert de zombies
  dans le train que je n’ai pas pris les humains que je n’ai pas dévisagé, auxquels je ne me suis pas adressé
  moignons et seins à la dérive

  je me mets le temps qu’il fait, la soupe des gens près à se coucher
  puis je me couche, insensément, insensément jusqu’à la moelle
  le néant me calme, qui n’est pas le néant mais simplement
  la suspension générale, l’absence d’absence
  l’extinction du souffleur…

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